Dalaïcham Ganthier : La poésie comme espace de rencontre avec l’autre

 

Il est de ces écrivains qui vivent la littérature comme une nécessité, un prolongement naturel de leur être. Jacques Dalaïcham Ganthier en fait partie. Diplômé et mémorant en sciences juridiques, passionné de langues vivantes et de culture, il est aussi un mélomane aguerri et un grand lecteur. Depuis l’enfance, l’univers littéraire l’a happé, l’amenant à explorer son imagination à travers des récits héroïques avant de s’exprimer par la poésie.


Lire, pour lui, est aussi essentiel que boire du café : une journée sans lecture est une journée perdue. Cette soif inextinguible du savoir l’a conduit à écrire très tôt, d’abord sur la religion et la nature, avant que la poésie ne s’impose à lui comme une évidence. « La poésie est tout, elle est partout », dit-il, reprenant à son compte l’idée que ce genre littéraire est une respiration naturelle du monde.


Parmi les auteurs qui ont marqué son parcours, il cite Romain Gary, Guy de Maupassant et Georges Castrera. Pourtant, il refuse de se placer sous une influence unique, considérant que chaque livre lu l’a modelé d’une manière ou d’une autre. Son écriture, profondément humaine, se veut un pont entre lui et ses lecteurs : « Nous ressentons les mêmes émotions, nous respirons la même poésie qui est dans l’air, nous pleurons les mêmes larmes. Moi et mes lecteurs ne faisons qu’un. »



L’un des moments les plus marquants de son parcours littéraire reste la publication de son premier recueil de poèmes, *Kafoù*, en 2021. Un accomplissement qui symbolise sa volonté de partager un peu de lumière avec ses lecteurs. Car pour lui, un monde sans livres et sans auteurs serait comme un arbre sans fruits : « Les livres sont nos tickets de voyage, sans besoin de nous déplacer. »


S’il devait choisir un de ses textes favoris, ce serait *Si*, un poème bref et poignant tiré de *Kafoù*, où chaque phrase joue sur le fil de l’ambivalence des émotions. À la question de son intention en écrivant ce poème, il répond avec une sincérité désarmante : aucune. « J’étais tout simplement envahi par une étrange émotion dont je ne saurais expliquer. »


Dalaïcham Ganthier conçoit la littérature comme un espace de liberté absolue, un refuge où l’on peut être soi sans crainte d’être jugé. Il ne cherche pas à ressembler à un auteur en particulier, préférant cultiver son originalité. Quant à son avenir littéraire, il l’envisage avec prudence : vivant en Haïti, il préfère écrire au jour le jour, sans se projeter sur cinq ans. « C’est difficile à dire, mais je vis chaque jour comme le dernier, comme dirait le chanteur Corneille. »


Modeste sur son statut d’écrivain, il ne se considère pas encore comme un auteur accompli, mais plutôt comme un « auteur en herbe ». Une humilité qui ne l’empêche pas d’avoir un message fort pour sa génération : *lire, se connaître, respecter autrui et travailler pour un avenir meilleur*. Car pour lui, la clé du changement réside dans l’éducation et l’amour de la patrie.Un message qui résonne comme une invitation à bâtir, ensemble, un monde plus éclairé.




Rédactrice : Beth-Sarah NICOLAS

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