La prostitution entre idéalisme et réalité


“Espèce de pute”, “fils de pute” . Toute une panoplie d’avanies visant à heurter la dignité des femmes autant des hommes. À croire que le mot pute est l’insulte par excellence. Si on se penche sur les brimades auxquelles sont confrontées les travailleurs du sexe, toutes les sociétés, même les plus émancipées peuvent être considérées comme putophobes. Bien que couramment appelée le plus vieux métier du monde, la prostitution demeure un terrain chargé d'ombre et de complexité. Si dans l’antiquité, la prostituée avait le statut de Déesse de fertilité, aujourd’hui, dans beaucoup de pays, ces activités sont considérées comme viles et indignes.

Des instances comme le Sexwork et le Network définissent la prostitution comme un travail, à l’instar de n’importe quel autre métier ; Un service contre une rémunération. Cependant les enjeux économiques et sociétaux autour du commerce sexuel sont tels que le sujet ne peut être réduit à un simple échange de service. Dans beaucoup de cas , la prostitution n’est pas un choix libre et indépendant. Il s’agit souvent d’une illusion orchestrée par les évènements et le système d’exploitation dans lequel évolue les femmes. Bien qu’il existe des travailleurs de sexe masculin, la plupart des prostituées sont des femmes, et plusieurs facteurs économiques et historiques peuvent l’expliquer. Entre autres les violences sexuelles subies par les femmes et la précarité de leur situation. La prostitution est une véritable industrie, considérant les intérêts qui sont en jeu. Certains gouvernements, tels ceux d’Asie du Sud-est et certains en Europe, cherchent à réglementer l’industrie du sexe en prélèvant des taxes sur les activités. Cependant la majorité des activités demeurent illicites, à cause des controverses encore d’actualité sur le statut de la prostitution. Il n’en demeure pas moins que ce soit un business florissant pour des proxénètes qui contraignent des jeunes femmes à se prostituer. 

L’environnement des prostituées se trouve, la plupart du temps, marqué par la violence et l’exploitation. Les clients violents, les insultes, le stress post-traumatique, ou la  toxicomanie, elles en voient de toutes les couleurs dans un monde où elles ont très peu de chance d’avoir le droit de porter plainte ou de se faire accompagner. Compte tenu du système patriarcal qui relègue la femme à sa situation sexuelle et reproductrice, compte tenu aussi des raisons qui les poussent à se prostituer ; l’on serait plutôt tenté à l'associer à un concours de circonstances qu’à un vrai métier. Cependant , en prenant une décision libre, indépendante et sans contrainte de vivre de son corps, la prostitution n’est en rien différent du métier de charpentier. Le hic, c’est la clandestinité qui expose les travailleuses à l’injustice tant des clients que les proxénètes.  La prostitution, rapporte certes beaucoup d’argent , participant même d’une certaine façon dans le PIB de quelques pays mais cette industrie ouvre également la voie à une autre sinistre et abjecte; la traite de personnes humaines. Un grand nombre de jeunes femmes se trouvent piégées à travailler comme prostituées sans un véritable consentement.

Si on se doit de respecter l’intégrité humaine, chacun possède aussi le droit de faire ce qu’il veut de son propre corps. Dans la mesure où la prostitution se choisit , elle doit être réglementée pour être exercée librement en toute sécurité. Néanmoins, les ombres qui planent encore sur certains aspects ne permettent pas de systématiquement  classer la prostitution comme un métier.  C’est une question sujette à controverse qui ne sera pas élucidée tant que les équivoques subsistent.

Vous en pensez quoi ? Simple métier, Exploitation ou Vilenie?

Auteure: Lewinskie Laveaux 





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