Une idée autour du concept : pouvoir



 Une idée autour du concept : pouvoir

Qu’il s’agisse de la relation d’un parent avec ses enfants, d’un professeur avec ses élèves ou d’une autorité avec  la population, le pouvoir est toujours présent dans les relations humaines.

 Il n’est pas quelque chose qu’on possède. C’est une relation qui unit deux acteurs dans des positions différentes. De ce fait, le pouvoir peut être décrit comme une interaction entre deux acteurs ou encore comme domination structurelle. 

Qu’en est-il réellement ? Sur quoi s’assoit l’exercice du pouvoir ? 

Nous allons mettre l’accent sur ces deux conceptions du pouvoir en vue de mieux comprendre l’essence de ce concept. 

Le pouvoir et l’interaction des individus

Le pouvoir se trouve généralement dans l’interaction de deux individus.

 Il est d’abord une relation. Selon les politologues et les sociologues, le pouvoir est par essence une relation entre deux ou plusieurs personnes. Selon eux, le pouvoir n’est pas une substance, quelque chose que l’on peut posséder mais un rapport entre deux acteurs. Ce n’est pas un attribut de quelqu’un ou de quelque chose mais qui s’exerce sur quelqu’un. 

Pour Robert Dahl, ‘’A exerce du pouvoir sur B dans la mesure où il obtient de B une action que ce dernier n’aurait pas effectuée autrement’’.  La personne qui exerce un pouvoir sur quelqu’un comme dans le cas du rapport de A et B peut utiliser des moyens comme la sanction ou la gratification pour convaincre ou forcer à l’obéissance.  

Le pouvoir n’est jamais absolu. Il est toujours relatif. Le pouvoir est l’enjeu des stratégies des acteurs. La quête du pouvoir est une lutte incessante. Michel Crozier, en étudiant les relations des pouvoirs au sein des organisations bureaucratiques, a montré que le pouvoir n’y était jamais absolu et que les individus de ces interactions gardaient toujours une relative marge de manœuvre. 

Qu’est-ce qui explique cet état de fait ? 

Cela est dû d’abord à la surabondance des principes, des réglementations au sein des organisations et, ensuite, de la compétence des subordonnées. Dans une relation de pouvoir, les acteurs, les individus cherchent indéfiniment à accroître leur marge de manœuvre et à réduire celle des autres. 

Le pouvoir, résultat des inégalités existant entre les acteurs

L’analyse interactionniste des relations de pouvoir nous montre que le pouvoir est présent dans multitude de relations sociales et qu’il ne s'exerçait jamais sans résistance. Par contre, le pouvoir n’est pas seulement lié à une interaction entre deux acteurs. Il est aussi une domination structurelle. Il s’exerce entre individus ou groupes sociaux inégaux dans l’espace social. Le pouvoir s’exerce entre des acteurs occupant des positions inégales. Le pouvoir est à la fois la condition et l’expression des inégalités des acteurs. Par exemple, dans le domaine économique, les relations entre des individus prennent la forme d’un échange. Il est difficile d’identifier la relation de pouvoir en prétextant l’existence d’une transaction équilibrée. Les structures inégales favorisent grandement l’expression du pouvoir. Pour d’autres, ce sont même les conditions de ce dernier. 


À côté de l’analyse des interactions faisant écho en sociologie et en politique qu’il faut prendre en compte pour comprendre l’existence du pouvoir, néanmoins, il ne faut pas occulter l’inégalité des positions sociales des acteurs jouant un rôle déterminant dans l’exercice du pouvoir.           


Auteur : Pierre Marc BAPTISTE  

Etudiant finissant en Relations Internationales (INAGHEI/ UEH)

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