Quand les proverbes haïtiens font réfléchir : « Tout dwèt pa menm longè »

Les proverbes haïtiens ont une importance capitale. En fait, un  dire ou un proverbe est une sorte de sentence, de maxime exprimée en peu de mots. Ils deviennent d'usage commun et occupent une place prépondérante dans notre quotidien.

Penchons-nous un peu sur le proverbe  « Tout dwèt pa menm longè »

Ce proverbe au sens trivial met en évidence la réalité économique de l’être humain. Il sous-entend que tout le monde n'a pas les mêmes moyens économiques pour faire face aux problèmes de la vie. Comme ce qui est inscrit dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, tous les hommes naissent libres et égaux en droit. Implicitement, cette déclaration admet que tout le monde naît inégalement en économie, ce qui est une vérité concrète.

Au point de vue anatomique, l’inégalité entre les doigts dont on tente d’associer à la vie réelle demeure jusqu’à la mort. En associant cette même réalité à la vie courante, on a l’impression que le niveau social et économique avec lequel on est né n’est pas susceptible de connaître de grandes modifications. Car, les doigts resteront les mêmes jusqu’à leur fin sans surpasser l’un d’entre eux.

Inégaux mais interdépendants

On a toujours besoin d'un plus petit que soi. 

Jean de Lafontaine 

Ce qui suscite un dépassement de soi, cependant, c'est qu'au sens physiologique, les doigts ne peuvent ni l'un ni l'autre fonctionner tout seul. On peut se baser sur ce fait de la nature pour comprendre que les couches sociales sont interdépendantes. Comme dit Jean de Lafontaine dans ses fables, on a toujours besoin d'un plus petit que soi. C’est une parfaite illustration pour expliquer  comment les hommes sont  importants les uns pour les autres. Ainsi, un roi ne peut se servir tout seul sans la présence de ses sujets, sur qui aurait-il de l'autorité ? L'homme en soit, peu importe qui il est, aura toujours besoin de l'aide de quelqu'un.

Les doigts sont liés au niveau d’une même articulation, en ce sens la flexion du majeur entraîne chez l'annulaire, une tendance à le rejoindre. Si on compte réellement associer la réalité digitale à celle de la vie courante, il faut que nous nous joignions également comme eux, en se serrant l’un contre l’autre, tout en restant affable l'un envers l’autre.

De là, on peut dire que ce proverbe court plusieurs idées, d’abord il relate l’inégalité économique qui existe entre les hommes, ensuite, insinue l'esprit d'union qui doit exister entre les hommes. Ainsi, il suscite une profonde réflexion.



Auteur : Steeven Milsé 

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